L’histoire des bijoux à travers les âges

Quand pensez-vous que les humains ont commencé à porter des bijoux ? Il y a 500 ans ? Cinq mille ans ? Cinq millions d’années ? C’est ce que les chercheurs et archéologues tentent de découvrir à travers le monde.

Deux découvertes majeures sur l’origine des premiers bijoux

Il y a quelques années, un groupe de chercheurs dirigé par Christopher Henshilwood, de l’Université de l’État de New York à Stony Brook, a découvert ce qu’il pense être le « plus ancien bijou » dans la grotte de Blombus, en Afrique du Sud. Étonnamment, il ne s’agissait pas de diamants, mais de perles de coquillages ! Les coquillages ont été datés d’environ 75 000 ans, ce qui repousse de 30 000 ans le moment attribué aux humains pour la première pensée abstraite (ou symbolique). La production d’art ou de bijoux est généralement acceptée par les archéologues comme un indicateur de la pensée symbolique.

 

Il est intéressant de noter qu’à peu près au même moment, un autre groupe de chercheurs dirigé par John Bower, de l’université de Californie à Davis, a découvert à Loiyangalani, un site de fouilles dans le parc national du Serengeti en Tanzanie, deux perles en coquille d’œuf d’autruche qui sont provisoirement datées d’environ 70 000 ans. Bower estime que ces découvertes sont très importantes car « les perles sont la preuve tangible d’un concept de soi. Vous n’allez pas vous décorer si vous n’avez pas de concept de soi ». Ces deux découvertes nous amènent à nous demander comment tout a commencé, du moins dans le monde des bijoux.

Une remise en cause des anciennes découvertes

Auparavant, on pensait que les « premiers » bijoux (par ailleurs également africains) remontaient à environ 45 000 ans. Cette période correspond à ce que l’on appelle l’âge de la pierre moyen, une époque où de nombreux signes de « modernité » sont censés s’être développés chez les premiers humains, notamment des peintures rupestres et des outils en os sophistiqués. Jusqu’à ces découvertes africaines, la plupart des scientifiques considéraient que le « comportement moderne » avait commencé en Europe il y a environ 40 000 ans. Les peintures rupestres françaises en sont les exemples les plus connus.

Les premières parures découvertes en Afrique

Sur le site de la grotte de Blombos en Afrique du Sud, une quarantaine de perles de coquilles de moules de la taille d’un pois ont été trouvées par groupes de dix-sept archéologues. Comme l’étendue d’eau la plus proche de la grotte se trouvait à plus de 60 km, cela signifie que les coquillages ont été transportés jusqu’à la grotte dans un but précis. Ils contenaient également des traces d’ocre, un pigment utilisé par les premiers humains pour peindre les grottes ou colorer la peau et les vêtements.

 

Pourquoi les scientifiques pensent-ils que ces coquillages étaient des composants de bijoux perlés ? Ils semblent tous avoir été perforés au même endroit et de la même manière, préparés pour être enfilés sur un morceau de cuir et laissant un motif distinctif sur les coquillages. Les chercheurs ont également noté la présence de « facettes », ou zones plates, différentes de celles que l’on peut trouver dans la nature, probablement formées par l’enfilage et le frottement les unes contre les autres.

Une représentation abstraite de la beauté

Ces colliers et bracelets de coquillages nous en disent long sur nos ancêtres humains. Par exemple, ces bijoux sont la preuve réelle que les premiers humains pouvaient utiliser des objets physiques pour représenter quelque chose d’abstrait, comme la beauté. Les bijoux en perles ont pu être utilisés pour répondre à un besoin croissant chez les premiers hommes : une façon de s’identifier ou de déterminer son statut dans un groupe, ou peut-être même pour faire du commerce.

Nous pensons qu’ils voulaient surtout paraître et se sentir beaux en portant des perles.